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Bon gré mal gré, les politiques saluent Annie Ernaux

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On imagine que l’entourage d’Emmanuel Macron s’est creusé la tête à la tractopelle. Il fallait mener une délicate excavation de mots pesés et choisis pour rédiger la réaction officielle du président de la république au Nobel de littérature attribué ce jeudi à Annie Ernaux. L’autrice française ne compte pas parmi les plus ferventes supportrices du chef de l’Etat.

Au deuxième tour de la présidentielle, en avril, elle a voté pour lui, mais elle a bien fait savoir que c’était « un crève-cœur ». Auprès de nos confrères de L’Express, elle confiait sa « détestation » d’Emmanuel Macron, « en raison de son mépris et de son arrogance ». « Il ne reste rien de sa grande consultation populaire. Et la grande cause du féminisme, parlons-en ! Enfin, il a détruit les services publics l’un après l’autre, l’école, la santé… », énumérait-elle.

Voir le compte Twitter officiel du président saluer à la mi-journée la romancière dont la « voix est celle de la liberté des femmes et des oubliés du siècle » ne manque donc ni de sel, ni de poivre. Le message sera sans doute allé droit au crève-cœur de l’intéressée.

« J’apprécie plus ses livres que ses convictions »

Ne manquons pas non plus de nous mettre sous la dent la réaction croustillante de Julien Bargeton, porte-parole des sénateurs Renaissance, le parti présidentiel. « J’apprécie plus ses livres que sa personnalité et ses convictions », tweete-t-il, qualifiant Les Années de « « livre magnifique ». Il a peut-être lu en diagonale car la personnalité et les convictions d’Annie Ernaux infusent clairement son œuvre.

« Je me considère (…) comme une somme d’expériences, de déterminations aussi, sociales, historiques, sexuelles, de langages et continuellement en dialogue avec le monde (passé et présent) », écrivait-elle ainsi dans L’écriture comme un couteau paru en 2003.

« A chaque ligne comme un coup de poing dans le ventre »

Plus intéressante et beaucoup plus argumentée, est la réaction d’Olivier Dussopt. L’ex-socialiste, aujourd’hui ministre du Travail, n’avait pas forcément vocation à rendre hommage à Annie Ernaux. Elle est « [son] auteur préféré ». « Notre mémoire, collective et individuelle, est interrogée, bousculée même. C’est à chaque ligne comme un coup de poing dans le ventre qui vous laisse sans souffle face à la brutalité d’une vie, la violence des déterminismes sociaux, la force des conventions et le mépris de classe dont notre société ne s’est jamais débarrassée. C’est aussi en quelques mots, également taillés à la serpe, la force d’un sentiment, d’un élan, d’un amour comme d’une colère », décrit-il sur Twitter.

Olivier Dussopt est conscient de la portée politique de l’écrivaine. Il anticipe d’ailleurs les reproches : « J’entends déjà ceux qui me diront que son militantisme à l’extrême-gauche devrait censurer l’admiration que j’ai pour elle. Ils n’ont rien compris, ni à ce qu’elle écrit je crois, ni à ce que je pense j’en suis convaincu. »

Du côté de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, vous vous en doutez, s’enthousiasme pour ce Nobel : « On en pleure de bonheur. Les lettres francophones parlent au monde une langue délicate qui n’est pas celle de l’argent », avance-t-il. Manon Aubry, eurodéputée LFI adresse quant à elle un « immense bravo » à la « brillante écrivaine, infatigable militante féministe et camarade du Parlement de l’union populaire ».





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