Home La Une « Confiance et complémentarité »… Qu’est-ce qui fait de Galtier l’heureux élu de Campos pour le poste d’entraîneur ?

« Confiance et complémentarité »… Qu’est-ce qui fait de Galtier l’heureux élu de Campos pour le poste d’entraîneur ?

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Dans quelque domaine que ce soit, le succès naît souvent de l’alchimie d’un duo : Laurel et Hardy dans l’humour, Boileau-Narcejac dans la littérature ou les jumeaux Bryan dans le tennis. Luis Campos et Christophe Galtier pourraient être leur pendant dans le foot. Entre le Portugais discret (57 ans) et Christophe Galtier, le Marseillais et ancien défenseur (très) sanguin de deux ans son cadet, la complicité n’allait pourtant pas de soi lorsque ce dernier a débarqué à Lille fin 2017, à la place de Marcelo Bielsa. Aujourd’hui, le premier n’envisage pas le PSG, où il a été officiellement nommé « conseiller football » le 10 juin, sans le second sur le banc. 

« Il y a une confiance mutuelle et une bonne complémentarité entre eux », souligne Alain Perrin, qui connaît bien Galtier pour l’avoir eu comme adjoint lors de ses pérégrinations entre 2004 et 2009 (Al-Aïn [Emirats Arabes Unis], Portsmouth, Sochaux, Lyon, Saint-Etienne). « Christophe peut avoir des désirs en termes de recrutement, sur des profils, mais pour lui, ce n’est pas son job d’aller chercher les joueurs, d’inventorier les possibilités, de mener les négociations économiques sur les transferts. C’est toute cette partie que Campos apportait à Lille, et Christophe avait beaucoup apprécié son travail. »

Dix millions d’euros de dédommagement pour Nice ?

Les deux hommes auraient peut-être pu se retrouver à Nice, où Galtier aurait bien vu son ami remplacer Julien Fournier, le directeur du football des Aiglons avec lequel la rupture est consommée. Finalement, c’est l’ancien entraîneur de Saint-Etienne et du Losc qui va quitter en premier l’OGCN, et, sauf coup du sort, rejoindre Campos à Paris, après le mirage Zidane.

Selon L’Equipe, le PSG va racheter pour près de 10 millions d’euros les deux dernières années de contrat du technicien, tout en signant un sympathique chèque à Mauricio Pochettino et à son staff pour sceller leurs adieux.

Le Portugais, également passé entre autres par Monaco, et le Provençal vont renouer le fil d’une histoire interrompue mais pas brisée par le départ sans préavis du premier du Losc, en août 2020, pour cause d’incompatibilité d’humeur avec le directeur général d’alors, Marc Ingla. Une absence qui avait grandement chagriné Galtier, même si, avec l’équipe bâtie par Campos, Lille allait finir champion quelques mois plus tard.

« [Son absence] ajoute une charge de travail dont je n’ai pas besoin au quotidien, déplorait en novembre 2020 le technicien dans L’Equipe. Luis est celui qui était en relation permanente avec les joueurs et leur entourage, car c’est lui qui est allé les chercher. Quand il fallait régler un problème avec un joueur, il y avait Luis. Dans la stratégie, dans les réflexions à terme, dans la construction des équipes, il était là… »

Depuis, les deux hommes ont renoué contact et échangent régulièrement. Leur future collaboration dans la capitale reposera sur les mêmes ressorts que dans le Nord : l’ingénieur Campos pour construire l’équipe, proposer des profils à des postes ciblés et assurer le boulot dans l’arrière-boutique ; le prosaïque Galtier pour assembler les pièces et faire fonctionner la machine sur le terrain, sans se mêler des discussions de marchands de tapis, notamment en temps de mercato.

Un tandem souvent « talon d’Achille des clubs »

La recette semble limpide, les limites entre les fonctions parfaitement fixées. Et sur cette bonne relation peut reposer le succès d’un club, comme l’indique Guy Lacombe, même si Campos ne sera pas un directeur sportif classique, puisque même pas salarié. « C’est primordial qu’il y ait une osmose entre le coach et le directeur sportif, assène l’ancien entraîneur parisien, de 2005 à 2007. C’est souvent le talon d’Achille des clubs, notamment au PSG ces dernières années, et c’est compliqué d’avancer dans la bonne direction dans ces cas-là. Il faut que ça marche en tandem sous peine de manquer de cohérence dans les choix sportifs et, par effet domino, sur le terrain. »

Lacombe transforme au passage le duo en trio :

« Il y a trois personnes qui doivent marcher main dans la main, autant que faire se peut : le président, le directeur sportif et le coach. Or à Paris, les dirigeants ont pris des décisions, des joueurs, qui n’étaient pas en adéquation avec la volonté des entraîneurs. On a tout mis sur le dos des derniers coachs parisiens mais, excusez-moi, ça me fait doucement rigoler. Je trouve qu’on a eu du beau monde sur le banc du PSG ces dernières années, Emery, Tuchel c’était du très haut niveau, ils l’ont d’ailleurs prouvé juste après avoir quitté le club. »

Désormais retiré des terrains, l’Aveyronnais de 67 ans, installé en Bretagne, se rappelle ainsi de ses bonnes relations avec le président Pierre Blayau et le « DS » Jean-Michel Moutier du temps de Canal+, avant que le fonds américain Colony Capital, ne rompe cette harmonie. Depuis, Paris a encore changé de propriétaire et de dimension. Christophe Galtier devrait devenir le deuxième entraîneur français de l’exigeante ère QSI après Laurent Blanc (2013-2016).

« Campos devra mouiller un peu plus le maillot »

Il s’agira pour commencer de faire taire les mauvais esprits qui observent que le Marseillais n’a encore jamais eu à gérer un tel parterre de stars. Alain Perrin n’est pas inquiet à ce sujet, en rappelant que son adjoint d’alors s’était coltiné dans les années 2000 un vestiaire riche en internationaux de toute nationalité, et les ego qui vont avec.

S’il flatte les qualités de son ancien numéro 2, « qui a toujours obtenu des résultats un peu supérieurs à ce qu’on pouvait attendre », et « le réseau et la vision d’ensemble » de Luis Campos, il pointe toutefois un sujet d’inquiétude. « Campos devra mouiller un peu plus le maillot, juge Perrin. Sur son mode de fonctionnement à Lille, j’avais trouvé qu’une fois l’équipe bâtie, il avait pris beaucoup de recul. C’est un prestataire de service pour construire un effectif. Or le club a besoin d’un directeur sportif qui a une vision, ce qu’il a, mais qui derrière assure aussi un lien entre joueurs et entraîneur, les dirigeants, la presse. J’appelle ça le service après-vente, pour que ce ne soit pas uniquement l’entraîneur qui se retrouve en première ligne. Leonardo avait un rôle, apprécié ou pas, mais il avait fait le job. »

A Lille, Luis Campos avait quitté le navire en août 2020, au grand dam de Christophe Galtier.
A Lille, Luis Campos avait quitté le navire en août 2020, au grand dam de Christophe Galtier. – Holly Allison/TPI/REX/SIPA

Et Antero Henrique dans tout ça ?

Autoentrepreneur de luxe, le Portugais se retrouve en « charge de l’organisation, du recrutement et de la performance » du PSG, selon le communiqué du club. Mais il fonctionne toujours avec sa propre structure externe, et ses propres recruteurs, qu’il met également au service du Celta Vigo, 11e de la dernière Liga.

Galtier pourrait donc ne pas toujours pouvoir compter sur son binôme lorsqu’un coup de vent fera tanguer le bateau parisien. Se posera alors la question du rôle d’un autre dirigeant portugais, Antero Henrique, ancien directeur sportif (2017-2019), revenu filer des coups de main au club parisien, mais dont les contours de la fonction peinent à être définis. 





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