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entre satisfaction partielle des Israéliens et déception des Palestiniens (Analyse)

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AA / Jérusalem / Abderraouf Arnaout

Emmanuel Navon, Maître de conférences en relations internationales à l’Ecole des Sciences politiques de l’Université de Tel-Aviv, à l’Agence Anadolu (AA) :

– Selon la logique des gains et des pertes, Israël a obtenu nombre d’engagements et de mesures symboliques, tandis que les Palestiniens ont eu de nombreuses promesses et quelques aides financières.

– Il y a eu des déclarations, des engagements et un resserrement des liens d’amitié entre les deux pays.

– Le président américain, Joe Biden, n’a pas satisfait toutes les demandes d’Israël au cours de la visite de deux jours qu’il a effectuée dans ce pays, alors qu’il avait déçu les espoirs des Palestiniens durant la courte période passée dans les Territoires occupés et qui n’a pas dépassé les quatre heures.

Selon la logique des gains et des pertes, Israël a obtenu nombre d’engagements au cours de la visite du président américain, Joe Biden, mais n’a pas atteint tous ses objectifs, notamment en ce qui concerne le dossier du nucléaire iranien, alors que les Palestiniens ont eu de nombreuses « promesses » ainsi que la relance d’aides financières suspendues auparavant par son prédécesseur à la Maison Blanche, Donald Trump.

En effet, Israël a obtenu un engagement américain écrit d’empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire mais sans mesures pratiques à mettre en place pour atteindre cet objectif, tandis que les Palestiniens ont eu droit à une Déclaration manuscrite s’engageant à respecter la solution à deux Etats aux frontières de juin 1967 avec un échange de territoires mais tout en soulignant que cette solution est « quasiment inatteignable » pour le moment.

Biden a annoncé, aussi, la reprise d’aides financières destinées aux Palestiniens, lesquelles aides avaient été suspendues par son prédécesseur Donald Trump.

Emmanuel Navon, Maître de conférences en relations internationales à l’Ecole des Sciences politiques de l’Université de Tel-Aviv, a indiqué que les Israéliens sont satisfaits de la visite bien qu’ils n’aient pas atteint tous leurs objectifs.

Navon a ajouté, dans une déclaration faite à AA : « Je pense, en tant qu’Israélien, que je suis satisfait de la visite de Biden, bien qu’elle ait été ponctuée plus par des déclarations et des mesures symboliques que par du contenu ».

Et l’académicien de poursuivre : « La Déclaration qui a été signée à Jérusalem faisait plus office d’un manifeste général sans impact concret, et malheureusement, la visite de Biden en Arabie saoudite n’a pas réussi à convaincre Riyad de faire davantage sur la voie de la normalisation ».

« En ce sens, je ne peux pas dire que la visite a constitué un franc succès mais au moins d’un point de vue israélien, il y a eu des engagements, des déclarations et un resserrement des liens d’amitié établis entre les deux pays et cela en lui-même représente une avancée », a-t-il encore relevé.

Il ressort de la Déclaration intitulée : « Déclaration de Jérusalem sur le partenariat stratégique entre les États-Unis et Israël » l’engagement de Washington de ne pas permettre à Téhéran d’acquérir l’arme nucléaire.

Toutefois, la conférence de presse conjointe animée par Joe Biden et le Premier ministre israélien, Yaïr Lapid, a laissé paraitre un différend sur le mécanisme de traitement du dossier iranien.

En effet, le Premier ministre israélien a déclaré : « L’unique voie à même de le remettre en place (l’Iran) est de poser sur la table une menace militaire crédible », alors que le président américain a affirmé croire encore que la diplomatie est le meilleur moyen pour obtenir ce résultat.

Malgré cela, Navon estime qu’il « n’existe pas de véritable différend dès lors que les États-Unis sont engagés à empêcher l’Iran d’acquérir des capacités nucléaires. En la matière, il n’y a pas de différend bien que Biden ait dit qu’en principe, il préfère bloquer la route de l’Iran pour l’obtention de l’arme nucléaire par le biais de la diplomatie mais que dans la pratique, il sait, personnellement, qu’en la phase actuelle, il n’existe pas de moyen pour parvenir à un accord (avec l’Iran), C’est pour cela que je préfère dire que le différend est plus théorique que pratique ».

D’un autre côté, Israël a salué la décision prise par l’Arabie saoudite portant ouverture de son espace aérien aux avions de ligne israéliens indépendamment de leur destination, alors que cette autorisation était accordée uniquement aux appareils en provenance ou à destination des Émirats arabes unis et de Bahreïn.

Toutefois, l’ancien ambassadeur américain en poste à Tel-Aviv, David Friedman (un proche de Donald Trump), a tenté de réduire l’acuité et l’importance de cette mesure.

Friedman a écrit dans un tweet, vendredi dernier : « Je voyage de Tel-Aviv vers Abou Dhabi, Dubaï et Manama, depuis près de deux ans, concomitamment avec la proclamation des Accords d’Abraham et tous ces vols ou presque survolaient l’espace aérien saoudien ».

De son côté, Navon estime toutefois que la décision saoudienne revêt une grande importance.

« Aujourd’hui, ce ne sont pas seulement les avions israéliens à destination des Émirats arabes unis et de Bahreïn qui peuvent traverser le ciel saoudien mais également ceux en direction de l’est asiatique, ce qui aura comme conséquence de réduire les distances et de faire baisser les coûts de voyage à partir d’Israël vers ces pays. Il s’agit d’une bonne initiative de la part de l’Arabie saoudite », a-t-il expliqué.

Toutefois, Israël espérait une prise de décisions plus importantes en termes de normalisation avec l’Arabie saoudite qui, à son tour, avait indiqué que la normalisation des relations avec l’État hébreu est tributaire de la mise en œuvre de l’option de la solution à deux États (palestinien et israélien).

Sur le plan militaire, les États-Unis ont réitéré, dans la « Déclaration de Jérusalem » leur engagement constant à préserver et à renforcer la capacité dissuasive d’Israël à l’égard de ses ennemis ».

La Déclaration a également souligné que les États-Unis et Israël continueront à œuvrer en vue de « combattre tous les efforts visant à boycotter Israël ou à la délégitimer ou encore à nier son droit à l’existence et à l’exclure de manière injuste de tout forum, y compris les Nations Unies ou la Cour pénale internationale et expriment leur rejet de la campagne de boycott tout en réaffirmant leur total respect à la liberté d’expression ».

** La visite de 4 heures en Palestine

Joe Biden a consacré quatre heures de son temps aux Palestiniens.

En effet, il a réservé une heure à la visite de l’hôpital « Augusta Victoria » à Jérusalem-est, suivie d’un déplacement de trois heures à Bethléem où il a rencontré le président Mahmoud Abbas et il s’est rendu à l’église de la Nativité.

A Bethléem, le président américain a annoncé que la page de son prédécesseur, Donald Trump, en termes de relations avec les Palestiniens est fermée, et ce, à travers des déclarations politiques et des décisions d’ordre financier.

Politiquement, le président américain a évoqué la solution à deux États aux frontières de 1967 avec un échange de territoires.

Le président américain avait annoncé, à maintes reprises, son soutien à la solution à deux États, mais c’est la première fois qu’il lie la solution aux frontières de 1967 à l’instar de son prédécesseur, Barack Obama, qui avait fait des déclarations similaires en date du 19 mai 2011.

Les frontières de 1967 comportent les zones occupées par Israël durant la guerre des Six jours, à savoir la Bande de Gaza et la Cisjordanie, y compris la ville de Jérusalem.

Dans un communiqué américain rendu public à l’issue de la rencontre de Biden avec Mahmoud Abbas, la Maison Blanche a arrêté les grands contours de ce qui peut être considéré comme étant la vision de Biden à la solution à apporter.

« Le président Biden a renouvelé son affirmation des relations permanentes entre les peuples américain et palestinien, de même qu’il a souligné son engagement à la solution à deux États aux frontières de 1967 avec un échange de territoires qui fera l’objet d’un accord entre Palestiniens et Israéliens », lit-on dans le communiqué dont AA a eu copie.

Mais sa position à l’égard de Jérusalem n’a pas changé foncièrement par rapport à celle de son prédécesseur Trump.

La Maison Blanche a indiqué, à ce sujet, que « le président Biden a réaffirmé la position américaine en vertu de laquelle, Jérusalem est la capitale d’Israël et la politique américaine recommande toujours de la nécessité de résoudre la question des frontières de la souveraineté à travers les négociations du statut définitif entre Israéliens et Palestiniens ».

Il a, également, réaffirmé la nécessité de préserver le statu quo historique actuel des Lieux saints à Jérusalem, « reconnaissant le rôle décisif du royaume jordanien hachémite en tant que puissance de tutelle ».

Toutefois, Biden a déconstruit, voire détruit sa position politique en lançant, au cours du point de presse conjoint animé avec le président palestinien, Mahmoud Abbas : « Je sais bien que l’objectif de la solution à deux États semble extrêmement lointain ».

Parallèlement à cela, la visite a été ponctuée par l’annonce d’aides financières, dont certaines sont conditionnées, et d’autres mesures qui, selon la Maison Blanche, Israël s’était engagé à les réaliser. Il s’agit de :

– Une contribution américaine de 100 millions de dollars qui s’étalera sur plusieurs années et qui est destinée au réseau des hôpitaux de Jérusalem-est, et ce après l’obtention de l’aval du Congrès.

– Un don supplémentaire à l’UNRWA (Agence onusienne spécialisée dans l’aide des réfugiés palestiniens) d’un montant de 201 millions USD.

– Offre d’un montant de 15 millions USD au titre d’aides humanitaires additionnelles aux Palestiniens.

– L’approbation israélienne d’assurer le passage via le pont Al-Karameh (Le point de passage d’Allenby ou pont du roi Hussein) reliant la Cisjordanie à la Jordanie, tout au long de la journée et sans entrave, et ce à compter du 30 septembre prochain.

– Engagement israélien à accélérer le changement et le développement du réseau cellulaire en passant de la 3G à la 4G en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza d’ici la fin de l’année 2023.

Par ailleurs, il n’a point été question durant la visite de toute annonce relative à la réouverture du siège du Consulat général américain à Jérusalem ou du Bureau de représentation de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) à Washington, ou encore du retrait de l’OLP de la liste américaine des organisations terroristes ou encore de la relance d’un processus politique.

Le conseiller américain à la sécurité nationale, Jack Sullivan, a, au cours d’un point de presse avec les journalistes, indiqué que « le président Biden a effectivement parlé avec le président Abbas de sa politique constante, depuis qu’il était candidat et durant les derniers dix-huit mois, pour la réouverture du consulat ».

Il s’agit, a-t-il dit, de la position américaine et nous continuons à traiter aussi bien avec les Israéliens que les Palestiniens à ce sujet et nous avons évoqué cette question avec les deux parties au cours de ce déplacement ».

Sullivan a considéré que les positions et les décisions affichées et annoncées par Joe Biden étaient aux antipodes « d’une série de mesures qu’il considère comme erronées » et qui avaient été prises par la précédente Administration de Donald Trump.

Evoquant la précédente Administration américaine, le conseiller à la sécurité nationale a souligné : « Ils se sont éloignés de l’option de la solution à deux États, la dernière Administration s’est éloignée de la solution à deux États sans engager une réflexion ou des considérations sérieuses, elle s’est éloignée des Palestiniens et suspendu tout financement, ce que nous avons d’ailleurs rétabli ».

«Elle (L’Administration de Donald Trump) s’est éloignée fondamentalement des relations diplomatiques avec les Palestiniens, relations qui ont été rétablies clairement par le président Biden et vous avez constaté cela au cours de son entrevue avec (le président palestinien) Abou Mazen », a-t-il conclu.

*Traduit de l’arabe par Hatem Kattou



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