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Environnement: «La nature nous permet de vivre» et l’ONU ne veut pas qu’on l’oublie

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Dans son rapport publié lundi, l’organisation intergouvernementale alerte sur le fait que la nature ne doit pas être seulement «une source de profit pour l’Homme». 

Image prétexte/ AFP

L’humanité doit cesser de considérer la nature comme une source de profit à court terme et se baser sur des «valeurs» liant son bien-être à l’état de notre planète. Telle est l’alerte rapportée par l’ONU, lundi. 

Sans un tel changement, les objectifs de développement durable et de réduction des inégalités dans le monde resteront des voeux pieux, soulignent les experts biodiversité de l’ONU, l’IPBES, dans le volume consacré aux «valeurs et évaluation de la nature».

«La manière dont nous appréhendons le développement économique est au coeur de la crise de la biodiversité», résume pour l’AFP Unai Pascual, économiste de l’environnement à l’université de Berne. Il est également coprésident de la session de l’IPBES qui a adopté ce rapport lors d’une réunion de 139 pays à Bonn.

L’humain, principale cause de la crise

Le texte «vise à intégrer différents types de valeurs dans les décisions», poursuit l’expert. Il est publié trois jours après un autre rapport de l’IPBES avertissant que la surexploitation d’espèces sauvages menace le bien-être de milliards d’êtres humains.

Ces deux rapports alimenteront les discussions à la COP15 biodiversité, en décembre à Montréal, qui doit fixer un cadre pour protéger la nature et ses ressources au niveau mondial à horizon 2050.

Pour ce deuxième opus, 80 experts ont analysé plus de 13’000 études scientifiques sur la destruction des écosystèmes et ses raisons et les valeurs alternatives qui pourraient favoriser leur durabilité.

Car les hommes sont les principales causes de cette crise du vivant, qui s’imbrique étroitement avec le dérèglement climatique.

«La nature nous fournit nourriture, soins, matières premières, oxygène, régulation climatique et bien plus encore».

Inger Andersen.

«La nature est ce qui nous permet de vivre», a relevé la patronne du programme environnement de l’ONU, Inger Andersen. «Elle nous fournit nourriture, soins, matières premières, oxygène, régulation climatique et bien plus encore».

Mais la Terre a des contraintes physiques et selon les scientifiques au moins six des neuf «limites planétaires» – seuils que l’humanité ne devrait pas dépasser pour préserver les conditions favorables dans lesquelles elle a pu se développer – sont déjà dépassées.

Deux précédents rapports de l’ONU, sur le changement climatique en 2019 et la biodiversité en 2019, avaient déjà conclu que seule une transformation en profondeur de notre façon de produire, distribuer et consommer pouvait permettre de redresser la barre.

Nécessité de se régénérer

Une tâche quasi-impossible si l’humanité ne change pas sa façon de voir et évaluer la nature, avertissent les experts de l’IPBES. Car la perception majoritaire reste encore que la durabilité ne peut être atteinte qu’aux dépens du bien-être humain, alors que le bon état futur de nos sociétés nécessite une nature en bonne santé, capable de se régénérer.

Le rapport classe en quatre grandes catégories, pouvant se combiner, les «valeurs» humaines face à la nature, qui peuvent se résumer en vivre «de», «avec», «dans» et «comme» son environnement.

L’humain vit «de» la nature s’il se concentre sur l’exploitation des ressources pour alimenter sa croissance et son train de vie. C’est la vision dominante, qui a récemment conduit certains à vouloir mettre un prix sur les «services rendus» par les écosystèmes.

Un sentiment inquiétant 

Pour les sociétés, notamment autochtones, qui vivent «dans» la nature, l’environnement fait partie de leur identité et de leur culture, une union poussée encore plus loin pour ceux qui vivent «comme» la nature.

Les grands projets, notamment d’infrastructures comme le Grand barrage de la Renaissance que l’Ehiopie a construit sur le Nil-Bleu ou le projet de «Train Maya» dans la péninsule mexicaine du Yucatan, devraient notamment être décidés en prenant en compte toutes ces «valeurs», et pas seulement les coûts et bénéfices.

Le futur texte en négociation pour la conférence de Montréal pourrait à ce titre «changer les choses» espèrent des membres de l’IPBES, nombreux à faire partie des deux instances.

«Nous pensons que cette étude sur les valeurs peut aider les négociations, politiquement parlant», estime Unai Pascual. «Mais il y a le sentiment inquiétant que ce ne sera pas facile du tout» reconnaît-il, alors que de nombreuses divergences subsistent de l’aveu des négociateurs.

(AFP)





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