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Guerre en Ukraine: Kiev et Moscou ont signé l’accord sur les céréales ukrainiennes

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Guerre en UkraineKiev et Moscou ont signé l’accord sur les céréales ukrainiennes

Les délégations ukrainienne et russe ont chacune paraphé vendredi un accord avec la Turquie et l’ONU, permettant de faire sortir d’Ukraine, via la mer Noire, des millions de tonnes de céréales.

Antonio Guterres (à g.) et Recep Tayyip Erdogan, au premier rang, accompagnés d’Oleksandre Koubrakov (à g.) ministre ukrainien des Infrastructures et du ministre de la Défense turc, Hulusi Akar. Le même accord a été signé par l’ONU et la Turquie avec la Russie.

Antonio Guterres (à g.) et Recep Tayyip Erdogan, au premier rang, accompagnés d’Oleksandre Koubrakov (à g.) ministre ukrainien des Infrastructures et du ministre de la Défense turc, Hulusi Akar. Le même accord a été signé par l’ONU et la Turquie avec la Russie.

AFP

L’Ukraine et la Russie ont fini, vendredi à Istanbul, par signer, avec la Turquie et l’ONU, l’accord sur l’exportation des céréales ukrainiennes en mer Noire. Cet accord, âprement négocié depuis avril sous l’impulsion d’Antonio Guterres, secrétaire général des Nations Unies, va soulager les pays dépendants des marchés russe et ukrainien – 30% du commerce mondial du blé à eux deux. Selon le Programme alimentaire mondial, 47 millions de personnes supplémentaires sont exposées à «une faim aiguë» depuis le début de la guerre

Kiev et Moscou ont signé deux textes identiques mais séparés, à la demande de l’Ukraine qui refusait de parapher tout document avec la Russie. Les quatre délégations se sont retrouvées dans l’enceinte du palais de Dolmabahçe, sur le Bosphore, à Istanbul, en présence d’Antonio Guterres, du président turc Recep Tayyip Erdogan, ainsi que des ministres turc et russe de la Défense et du ministre ukrainien des Infrastructures.

La Turquie joue les médiatrices

La cérémonie s’est déroulée sous les drapeaux des protagonistes, ceux de la Russie et de l’Ukraine soigneusement séparés par les bannières bleue de l’ONU et rouge de la Turquie, qui s’offre en médiatrice depuis le début de l’invasion russe, le 24 février. Recep Tayyip Erdogan a reconnu qu’il n’avait «pas été facile» d’en arriver là, et espéré que la signature de cet accord allait «renforcer l’espoir de mettre fin à cette guerre». Antonio Guterres a, pour sa part, remercié la Russie et l’Ukraine qui ont «surmonté leurs divergences pour faire place à une initiative au service de tous». Le patron de l’ONU a relevé le caractère «sans précédent» de cet accord conclu entre deux pays en guerre.

Aux termes de cet accord, des «couloirs sécurisés» permettront la circulation des navires marchands en mer Noire, que «les deux parties se sont engagées à ne pas attaquer», a précisé un responsable des Nations Unies ayant requis l’anonymat. Les négociateurs ont renoncé à nettoyer la mer Noire des mines – principalement posées par les Ukrainiens pour protéger leurs côtes. «Déminer aurait pris trop de temps», a justifié l’ONU, qui a précisé que des «pilotes ukrainiens» ouvriraient la voie aux cargos dans les eaux territoriales.

Pour quatre mois

L’Ukraine a suggéré que ses exportations commencent à partir de trois ports – Odessa, Pivdenny et Tchornomorsk – et espère pouvoir accroître leur nombre à l’avenir. L’accord sera valable pendant «120 jours», le temps de sortir les quelque 25 millions de tonnes entassées dans les silos d’Ukraine alors qu’une nouvelle récolte approche.

Un centre de coordination conjoint (CCC) doit être établi dès ce week-end à Istanbul avec des représentants de toutes les parties et des Nations Unies. Des inspections des navires au départ et en direction des ports ukrainiens auront lieu sous le contrôle du CCC, dans l’un des ports d’Istanbul, afin de répondre aux inquiétudes de Moscou, qui veut avoir la garantie que les cargos n’apporteront pas d’armes à l’Ukraine.

Les États-Unis avaient salué jeudi l’accord et prévenu qu’ils tenaient «la Russie pour responsable de (sa) mise en œuvre». Mais la méfiance reste de mise à Kiev: «Pas d’escorte russe et pas de présence russe dans nos ports. En cas de provocation, riposte militaire immédiate», a tweeté vendredi Mikhaïlo Podoliak, conseiller de la présidence ukrainienne.

(AFP)





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