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Guerre en Ukraine: Une offensive du Belarus? Improbable, mais pas impossible

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Même si le Belarus n’est jusqu’à maintenant pas entré dans le conflit, cette perspective ne peut être exclue totalement.

Le président russe Vladimir Poutine et son homologue biélorusse Alexandre Loukachenko en 2005.

Le président russe Vladimir Poutine et son homologue biélorusse Alexandre Loukachenko en 2005.

AFP

Si le Belarus prête son territoire à l’offensive russe contre l’Ukraine, il a pris soin d’éviter de devenir un cobelligérant. Mais dans ce conflit qui a déjoué tant de pronostics, l’entrée des troupes bélarusses sur le champ de bataille ne peut être exclue.

Le dirigeant bélarusse Alexandre Loukachenko se pose en seul allié fidèle de Vladimir Poutine, accueillant ainsi les troupes russes, sous prétexte d’exercices militaires, avant leur assaut en direction de Kiev le 24 février. Il a aussi martelé que sans l’intervention de Moscou, l’Ukraine aurait attaqué le Bélarus. Mais l’autoritaire dirigeant répète aussi à l’envi que son pays n’a «pas l’intention de combattre en Ukraine», et il parle clairement de «guerre», terme que la Russie a banni, imposant l’euphémisme «opération militaire spéciale».

Après plus de quatre mois d’affrontements, des combats sanglants dans l’est et un échec russe à prendre Kiev, «il n’y a pas de raisons rationnelles – ou même irrationnelles – pour que Loukachenko rejoigne Moscou», résume auprès de l’AFP l’analyste bélarusse Artiom Chraïbman, affilié au centre Carnegie.

«Nous croyons que le Bélarus ne sera pas entraîné dans cette guerre», renchérit le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Mais toutes ces déclarations rappellent celles entendues en janvier et février, quand jusqu’au bout la Russie niait vouloir entrer en Ukraine, et que Kiev multipliait aussi les propos rassurants.

Nain militaire

On ne peut «bien sûr» pas totalement exclure une entrée bélarusse dans le conflit, note dès lors Artiom Chraïbman. D’ailleurs, les tensions se multiplient: Alexandre Loukachenko a récemment affirmé que des missiles tirés depuis l’Ukraine vers le Bélarus avaient été abattus, promettant une «réponse» si son territoire était touché.

Vladimir Poutine a lui annoncé prévoir de livrer au Bélarus des missiles pouvant transporter des charges nucléaires. Et puis, «le Bélarus a fourni tout le soutien logistique nécessaire à la Russie: l’accès à ses bases et à son espace aérien, des munitions, du carburant», résume Artiom Chraïbman, exilé depuis 2021 du fait de la répression dans son pays.

Mais même si Alexandre Loukachenko aime les discours martiaux et les uniformes, pour l’analyste militaire russe Alexandre Khramtchikhine, une implication du Bélarus est «très improbable» car son armée «n’a aucune expérience de combat» et ne dispose que d’une poignée de bataillons. Il l’estime donc «plus utile» à maintenir «une certaine tension» aux frontières polonaise et ukrainienne. Néanmoins, dit-il, si les troupes bélarusses devaient attaquer, «cela créera pour l’Ukraine un stress supplémentaire assez important, car ce sera une attaque venant d’une nouvelle direction», du nord, à l’opposé des lignes de front de l’est et du sud où sont concentrées les forces ukrainiennes.

Selon les experts, tout dépendra aussi de ce qu’attend Vladimir Poutine, dont Alexandre Loukachenko est plus dépendant que jamais, politiquement et économiquement, car isolé et sanctionné par l’Occident pour avoir réprimé un mouvement de contestation historique en 2020.

Traumatisme de la Seconde Guerre mondiale

«Poutine, que peut-il faire? Menacer, cajoler Loukachenko? Le forcer à le rejoindre? C’est une question ouverte», dit l’analyste Artiom Chraïbman.

Mais selon ces experts, aller au front risque de réveiller la contestation écrasée en 2020-2021. «Le Bélarus est déjà sous toutes les sanctions possibles», alors il n’en craint pas de nouvelles, note l’analyste militaire Khramtchikhine. Mais si «l’armée bélarusse commençait à subir des pertes», cela pourrait provoquer «un mécontentement très sérieux dans la société». «Cela saperait (le) propre pouvoir» du système Loukachenko, poursuit-il.

Selon un sondage mené en juin par Chatham House, si 33% des Bélarusses soutiennent l’offensive russe (43% sont contre), seulement 4% sont pour une implication de leur armée.

Pour Véronica Laputska, cofondatrice du think tank East Research, cela tient au caractère «très pacifique» des Bélarusses, marqués par les 2,2 millions de morts de la guerre face aux Nazis, soit 25 à 30% de la population de l’époque. «Pendant la Seconde Guerre mondiale, tellement d’entre eux sont morts que le traumatisme est encore présent», juge-t-elle.

(AFP)





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