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«Il va bien falloir faire le pont entre les musées et les nouveaux artistes», assure Godefroy Jordan

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Pionnier du Web 2.0, Godefroy Jordan l’est aussi pour le Web 3. Avec ses associés dans Twineva, il pousse les musées à s’intéresser à la blockchain. Invité de 20 Mint au Carré, en compagnie de Jodouin Mitrani de Minteed, il nous explique ce que les nouvelles technos peuvent apporter à ces vénérables institutions.

Twineva fait basculer les musées dans le Web3. C’est bien résumé ?

Twineva est un collectif de vétérans et d’experts du numérique et du patrimoine et qui accompagnent des projets artistiques qui veulent aller sur la blockchain. On se place dans un rôle de coproducteurs, parce que dans les NFT, beaucoup de démarches ressemblent à ce qui se passe dans l’audiovisuel. Aujourd’hui, la plupart des artistes ne peuvent pas coder. Ce sont donc très souvent des projets où il faut associer des artistes entre eux, faire des collaborations, produire des choses nouvelles comme l’art génératif.

C’est une nouvelle manière d’envisager l’art ?

Pas tant que ça… Quand Raphaël faisait de l’architecture à la Renaissance ou quand des grands artistes du XXᵉ siècle s’unissaient dans l’architecture ou pour des fresques géantes, ils faisaient appel à des équipes d’artisans, à des architectes, à des techniciens pour relever des challenges technologiques. C’est juste de nouveaux modes de collaboration. Et deux mondes qui aujourd’hui s’ignorent totalement. On s’est donc positionné aux côtés des musées, des institutions, des fondations d’héritiers de grands artistes. Des acteurs qui regardent tout ça, voient le train démarrer et voudraient monter à bord et on les aide à définir des stratégies en phase avec leur politique culturelle.

Pourquoi veulent-ils monter à bord ? C’est l’effet de mode ?

Il y a des musées qui veulent retrouver l’audience qu’elles ont perdue avec le Covid, d’autres qui veulent toucher des publics jeunes parce qu’ils ont des publics vieillissants. Des institutions qui veulent s’ouvrir à l’innovation ou à l’art contemporain parce qu’elles ont des collections assez traditionnelles. Beaucoup de nouveaux artistes se sont déjà créé des codes. Souvent issus de la 3D, de jeu vidéo, du street art. On est parfois très, très, loin des beaux-arts traditionnels. Et pourtant, il va bien falloir qu’on fasse le pont. Notre job, c’est d’arriver à créer des stratégies à partir de collections existantes.

En les incitant à créer des NFT ?

Le NFT vient redonner un titre de propriété dans un monde, le numérique, où l’œuvre d’art avait perdu sa valeur parce qu’elle était copiée à l’infini. C’est formidable ! Mais si je reprends une œuvre d’art qui elle-même n’est pas à vendre, il y a un paradoxe. Dans ce cas, vendre un jumeau numérique n’a de sens que s’il donne accès à plus.

Tu as des exemples ?

Des scans ultra haute définition par exemple… Je ne sais pas si vous avez déjà vu ça. Ca demande un investissement matériel parce qu’il faut fermer le musée et venir avec du matériel de haute précision mais tout d’un coup, vous avez une image qui n’est pas celle qu’on a volée avec son iPhone. Vous avez une image à l’intérieur de laquelle vous pouvez descendre jusqu’à voir la touche du peintre. On a l’impression d’être un petit robot qui va sur Mars et explore une nouvelle planète. Mais on a aussi la possibilité de donner plus d’informations. Quand un musée a un tableau derrière, il a des archives, des esquisses, des articles universitaires. Si demain je n’ai pas de problème de place dans mon petit musée dans le Métavers, si j’achète ce jumeau numérique, peut être que je vais pouvoir exposer carrément dans une pièce tous ces documents qui raviront mes copains ou des inconnus venu visiter mon exposition.

C’est une logique de bonus ?

Oui, on a une autre dimension qui est celle des produits dérivés, on réinvente la carte postale avec une seule image répétée plusieurs fois. Ou on ajoute des artefacts et on fait en sorte qu’en partant d’une seule œuvre on crée 5.000 versions différentes pour en faire des images de profil, des cartes à collectionner. Enfin, on a une dernière possibilité, ce sont les collaborations. Vous avez vu la tête d’ours dessinée par Léonard de Vinci et vendue aux enchères par Christie’s ? Le duo italien Hackatao s’est amusé à la recréer. Et quand on visitait l’exposition de prévente avec des lunettes Oculus, on voyait, en s’approchant, cette tête qui sortait du dessin et qui était une œuvre d’art digitale. Là, on crée des œuvres nouvelles, vraiment 100 % digitales. Et tout mis bout à bout, cela crée des opportunités immenses…





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