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La frontière franco-italienne ou la difficile étape sur le chemin de l’exil

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AA / Vintimille / Feïza Ben Mohamed

Si pour beaucoup, la frontière franco-italienne marque la route des vacances, les plages idylliques de la Côte d’Azur et le soleil, elle revêt un tout autre aspect pour ceux qui y passent sur la route de leur exil.

À Vintimille, côté italien ou à Menton et Nice côté français, tous savent à quel point la frontière est difficile à passer, tant les forces de l’ordre veillent.

Érythréens, Somaliens, Ivoiriens, ou encore Sénégalais, sont pourtant de plus en plus nombreux à tenter cette traversée frontalière au cœur de l’espace Schengen mais qui fait l’objet de contrôles accrus et d’une particulière vigilance des autorités.

En arrivant de Vintimille par l’autoroute, les forces de l’ordre veillent au grain dès la première gare de péage et arrêtent de manière aléatoire, les véhicules qu’ils jugent pertinents de contrôler.

Et pour cause, l’année 2021 a constitué une année record en matière d’arrestations, qu’il s’agisse des passeurs ou des migrants en situation irrégulière sur le territoire.

Selon les chiffres communiqués par la PAF (police aux frontières) et relayés par 20 Minutes, pas moins de 467 passeurs ont été arrêtés entre janvier et octobre 2021.

Un chiffre en nette augmentation par rapport aux années précédentes où ils étaient 333 à avoir été interpellés en 2020 et seulement 191 en 2019, d’après la même source.

« Nous avons des défèrements quasi-quotidiens avec entre un et trois cas par jour, rien qu’en ce qui concerne les passeurs », détaillait récemment Xavier Bonhomme, procureur de la République de Nice.

Sur les dix premiers mois de l’année 2021, la PAF a procédé à près de 26 000 interpellations.

À Vintimille, l’Agence Anadolu a rencontré Ahmad et Yusuf, respectivement âgés de 26 et 31 ans.

Le premier est Congolais, le second Somalien. C’est dans un train en direction de Vintimille qu’ils se sont rencontrés en mars dernier.

Depuis, ils vivent, dans la débrouille « grâce aux associations qui distribuent des repas » et « aident les migrants ».

Les deux hommes disent avoir tout quitté « pour essayer d’aller en Angleterre où la vie est meilleure ».

Ahmad a laissé derrière lui sa femme et ses trois enfants mais il « espère qu’ils pourront » finir par le rejoindre quand il aura « assez d’argent pour financer leur départ ».

Passé par la Libye où il raconte avoir « beaucoup souffert sur place » avant « d’arriver en Europe avec l’aide d’un passeur ».

Sans donner trop de détails sur ce qu’il a vécu et traversé, le jeune homme vit, depuis, dans l’espoir de rejoindre, au Royaume-Uni, deux de ses cousins partis en 2020.

« Pour l’instant c’est trop dangereux de traverser la frontière parce que la police est très présente, que ce soit par la route ou en train » indique Yusuf qui espère que ce sera possible « dans les prochains jours ».

Il compte en effet sur la saison estivale et sur l’afflux de vacanciers pour « passer entre les mailles du filet et ne pas être repérés ».

Côté français, une source policière affirme à l’Agence Anadolu que certains jours sont plus calmes que d’autres, notamment les fins de semaines.

Les migrants interpellés en situation irrégulière « sont principalement renvoyées vers l’Italie » puisque c’est « le premier pays européen dans lequel ils ont posé les pieds ».

« On applique la convention de Dublin », se défend la même source pour justifier les renvois.

Fin 2021, Amnesty International appelait à ne pas laisser « les contrôles aux frontières primer sur la protection des vies humaines ».

Dans un communiqué de presse, l’ONG rappelle qu’a la « frontière franco-italienne, ce sont près de 30 cas de personnes décédées qui ont été recensés depuis 2015 et la décision du gouvernement français de rétablir les contrôles à ses frontières ».

Les décès sont « principalement des cas d’électrocution à bord des trains, de collision avec des trains ou des véhicules sur la voie ferrée Nice-Vintimille ainsi que des cas de chute ou d’hypothermie sur les chemins de montagne ».

« Qu’il s’agisse de contrôles au faciès, de refoulements expéditifs, de détentions arbitraires ou de violences policières, les traitements indignes se multiplient à nos frontières, au plus grand mépris des droits des personnes et de leur vie » plaide Amnesty International qui pointe des « violations des droits humains sont inacceptables ».

L’organisation estime que ces « situations de violence et de précarité auxquelles sont exposées celles et ceux qui tentent de traverser les frontières aggravent encore davantage leur vulnérabilité sur les routes ».

Le 27 juin dernier, une poignée de bénévoles d’Amnesty International s’est rassemblée à la frontière, pour pointer ces contrôles aux frontières rétablis au sein de l’espace Schengen par la France, depuis les attentats du 13 novembre 2015 et officiellement en raison de la menace terroriste.



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