Home Politique La réintégration de Maxime Cochard, accusé de viol et catalyseur du #MeTooGay, suscite des remous

La réintégration de Maxime Cochard, accusé de viol et catalyseur du #MeTooGay, suscite des remous

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« Cela me semble terriblement choquant de le réintégrer. » Elue au Conseil de Paris sous l’étiquette écologiste, Raphaëlle Remy-Leleu voit d’un mauvais œil le retour possible annoncé de Maxime Cochard, conseiller PCF de Paris suspendu après des accusations de viol de Guillaume T., qui avaient entraîné une grande vague de témoignages de violences sexuelles sous le hashtag #metoogay. Plus d’un an et demi après la mort de ce dernier retrouvé pendu, une plainte pour homicide volontaire et à l’issue un  classement sans suite le 3 mai dernier, Maxime Cochard pourrait être réintégré à la fois à la fédération parisienne du PCF mais aussi au Conseil de Paris.

« La justice a rendu son verdict en classant sans suite les accusations. Il n’y a donc plus de poursuite pénale contre les mis en cause. Rien ne s’oppose dans nos statuts à cette réintégration. Ils doivent donc l’être », estime, dans un document que s’est procuré 20 Minutes, la commission nationale de médiation et de règlement des conflits du PCF. Mais cette décision de réintégration ne va pas de soi, pour un grand nombre d’élus au Conseil de Paris, ainsi que pour la fédération parisienne du PCF, en raison notamment de l’attitude de l’intéressé sur les réseaux sociaux.

« A ce jour, les élus du groupe Paris ne sont pas tous d’accord »

« Maxime Cochard n’a pas respecté la mise en retrait qui était recommandé, a usé des réseaux sociaux de manière exagérée, ce qui a créé un climat de tensions. La question du comportement de Maxime Cochard est à discuter. Je ne le réintégrerai que si l’ensemble des élus du groupe est d’accord, et à ce jour, les élus du groupe Paris ne sont pas tous d’accord », expliquait jeudi 30 juin Nicolas Bonnet Oulaldj, président du groupe communiste au Conseil de Paris.

Le 21 janvier 2021, la fédération de Paris du PCF avait demandé à l’intéressé de se mettre en retrait de ses responsabilités, dans la foulée des accusations de viol. Dans les jours qui ont suivi, Maxime Cochard a qualifié sur Facebook la fédération PCF de Paris de « lâches » et de « médiocres », selon le texte de la décision que nous avons consulté. Quatre jours après la mort de Guillaume T., le 13 février, il s’en est pris à ses défenseurs, dans des termes insultants. « Ils t’ont relâchée toi ? Le manque de moyen de la psychiatrie en France est un problème politique central. Tu ne devrais pas pouvoir sortir de ta cellule capitonnée pupuce », écrit-il.

Maxime Cochard et son compagnon Victor Laby « ont tenu des propos, notamment sur les réseaux sociaux, inadmissibles et en contradiction avec nos valeurs concernant le Parti et nuisible à son image. Ils sont passés outre les recommandations qui entendaient laisser à la justice le temps d’instruire le dossier », écrit la commission.

Des élues de la Nupes moquées sur ses réseaux sociaux

« Soit on fait le troll sur les réseaux sociaux, soit on fait l’élu, argumente « à titre personnel » auprès de 20 Minutes Adrien Tiberti, secrétaire de la Fédération de Paris du PCF. Au-delà de la question initiale, il y a eu trop de comportements problématiques depuis. »

Sur Twitter, l’élu suspendu par son parti s’en prend régulièrement aux personnalités féministes, y compris celles qui sont les alliées du PCF au sein de la Nupes. Sandrine Rousseau, députée de la 9e circonscription de Paris, est ainsi un des punching-balls favoris de l’ancien conseiller municipal. Il n’hésite pas à retweeter des propos dégradants ou moqueurs la ciblant. « Cette femme est totalement et irrémédiablement barrée », dit l’un des comptes que Maxime Cochard retweete le 24 juin. « La Torquemada du XIIIe a encore frappé » écrit-il le 23 juin. « La nullité de Sandrine Rousseau ce soir sur TF1 est véritablement abyssale », affirme son compagnon, qu’il retweete le 19 juin. Les moqueries culminent le 25 juin, jour de la Marche des fiertés, lorsqu’il retweete un selfie pris avec son compagnon et la militante écoféministe, accompagné d’un cœur, une ironie évidente pour qui suit son compte.

Parmi les cibles favorites de Maxime Cochard figurent deux autres députées de la Nupes en Ile-de-France, Clémentine Autain et Danièle Obono, toutes deux engagées contre les discriminations, et la militante féministe Caroline De Haas. Les personnes accusées de violence conjugale et blanchies par la justice, comme l’ancien judoka Alain Schmitt ou l’acteur Johnny Depp, font au contraire l’objet d’un soutien.

« Qu’il y ait des réticences, je comprends, mais tout le travail est de les lever »

Le chemin paraît difficile pour Maxime Cochard. Si la fédération parisienne est censée suivre l’avis de la commission nationale de médiation, il n’en est pas de même des élus et élues du groupe communiste au Conseil de Paris, dont la décision est souveraine. La commission ne leur a indiqué qu’une « recommandation » et préconise de désigner « un ou plusieurs responsables en leur sein, afin de travailler avec Maxime Cochard et Victor Laby pour élaborer un processus de dialogue ».

« Je suis pour respecter à la lettre l’avis de la commission », fait valoir à 20 Minutes Maxime Cochard, qui veut profiter de cette médiation pour « expliquer la décision de justice ». Et d’ajouter : « Je n’ai pas d’appréhension, je suis très tranquille, il n’y a pas de difficultés. Qu’il y ait des réticences, je comprends, mais tout le travail est de les lever. »





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