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Laissé en rade aux législatives, Castaner se remet sur les rails avec le port de Marseille et le tunnel du Mont-Blanc

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Après une courte traversée du désert consécutive à sa défaite aux élections législatives dans les Alpes-de-Haute-Provence, voilà Christophe Castaner (En Marche) arrivé de nouveau à bon port. Celui de Fos-Marseille en l’occurrence dont il a été nommé au conseil de surveillance et dont il pourrait prendre la présidence à l’issue du scrutin organisé ce vendredi. Dans le même temps il a été choisi pour présider le conseil d’administration de la société concessionnaire française du tunnel routier sous le Mont-Blanc.

De quoi dessiner un nouvel horizon politique pour l’ancien ministre de l’Intérieur du premier mandat d’Emmanuel Macron. Une nouvelle accueillie d’abord avec hostilité de la part de la CGT des ouvriers dockers du bassin du Golfe de Fos. Ce mercredi lors d’une conférence presse, ces derniers se sont mués en force de proposition et ont réclamé un « plan d’urgence » d’investissements pour développer les infrastructures notamment routières et ferroviaires afin de faire face à la concurrence des autres grands ports européens de Méditerranée occidentale (Gênes, Valence, Barcelone, Trieste). Dans un document d’une quinzaine de pages, le syndicat détaille « sa feuille de route » qui sera remise aux acteurs politiques. « Soit notre projet est repris et on développe les bassins ouest du port, soit on va se fâcher », a averti Christophe Claret le secrétaire de section.

Sur la personnalité de Christophe Castaner, le syndicaliste a indiqué attendre de l’ancien « éborgneur », qu’il « retrouve sa fibre sociale du PS » et entend « le juger aux actes ». « On espère juste qu’il a le mandat de l’Elysée », a-t-il complété. Marcheur de la première heure, Christophe Castaner aura à charge, avec Stéphane Richard, ex-PDG d’Orange également nommé au conseil de surveillance, d’appliquer la vision d’Emmanuel Macron pour le Grand port maritime de Marseille (GPMM) développée en septembre 2021 lors de la présentation du plan « Marseille en grand ». « Le lien entre le port et l’hinterland européen fera l’objet d’aménagements nouveaux et d’investissements exceptionnels », avait promis le président de la République. « Marseille doit devenir la tête de pont de l’axe Rhône Saône. Et à cet égard, la transformation du port maritime en un grand port fluvio-maritime allant de Marseille à Lyon doit se faire. »

« Un très bon appui »

Une intégration du port fluvial Edouard Herriot de Lyon au GPMM à laquelle ne croit pas dans l’immédiat Roland Blum (LR), six mandats de député à Marseille et une quinzaine d’années passées dans les instances du GPMM. « Ça se fera plus dans un premier temps sous la forme d’un partenariat », estime-t-il. Pour ce faire, le conseil de surveillance du GPMM accueille également Laurence Borie-Bancel, jusqu’alors présidente de la Compagnie nationale du Rhône. « Il y a une cohérence dans cette stratégie », a salué l’ancien député LR qui se réjouit de la nomination de Christophe Castaner « Il va épauler l’administration portuaire dans ses relations avec les collectivités territoriales et sera d’un très bon appui », analyse Roland Blum.

Au-delà de développer l’activité portuaire, c’est une nouvelle activité de chef logisticien qui se dessine pour l’ancien ministre de l’Intérieur avec une présence aux deux bouts de la chaîne. Le trafic routier du tunnel du Mont-Blanc est marqué par une très forte proportion des poids lourds de marchandises qui représentent 41,8 % des passages quotidiens, selon les donnes publiées par la société des Autoroutes et tunnel du Mont-Blanc (ATMB) qui ne souhaite pas encore s’exprimer sur l’arrivée récente de Christophe Castaner dans cette structure publique. Et une large part des marchandises transportées remontent du port de Marseille.

Une enveloppe de 342 millions d’euros

Ce projet « est construit autour d’objectifs qui s’appuient évidemment sur la zone de Fos avec de grands projets d’implantations industrielles tournées vers la transition énergétique et écologique et évidemment aussi sur le développement de l’axe Méditerranée-Rhône-Saône », a commenté Christophe Castaner. Alors que l’élection à la présidence du conseil de surveillance du port a lieu ce vendredi, et que Stéphane Richard pourrait aussi bien en prendre la tête, Christophe Castaner n’a pas souhaité s’exprimer davantage, soucieux de respecter « le dialogue avec les acteurs du port », nous a-t-il indiqué.

Ce nouveau rôle est aussi une manière de ne pas laisser un poids lourd de la Macronie en rade après sa cuisante défaite aux législatives et de le relancer en politique. Dans ses nouvelles fonctions, son rôle sera d’ailleurs « plus politique qu’opérationnelle », avance Sabrina Roubache députée marseillaise En Marche, réputée proche du couple présidentiel, pour qui le « cumul des mandats n’est pas un sujet. Il a la légitimité et est en lien direct avec le monde politique et peu faciliter le projet par ce canal », assure-t-elle.

Pour le mettre en œuvre Christophe Castaner pourra compter sur une enveloppe de 342 millions d’euros d’investissement jusqu’en 2024 pour le port. Reste que l’ancien ministre de l’Intérieur est de retour aux affaires pour porter une déclinaison du projet d’Emmanuel Macron. A 56 ans, et après vingt-et-une années de mandats électoraux continus, le voilà revenu à bon port et sur la route, quoique attendu au tournant.



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