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L’homme visé par les tags d’un policier de la BAC porte plainte pour injures

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L’affaire continue de secouer le commissariat de Brest. Accusé d’avoir voulu faire monter la rivalité entre les quartiers populaires de Pontanezen et Kerourien par quelques tags injurieux, le policier de la BAC brestoise incriminé est toujours en poste. Il a bien été changé de service, mais il continue d’exercer, ce qui rend fou certains de ses collègues. En février, une enquête interne avait été diligentée après la diffusion d’une photo où l’on voyait un homme armé et habillé d’un gilet pare-balles taguer un mur de Brest. L’inscription était claire : « Nike Kerourien ». Quelques semaines après ces tags, le quartier rival de Pontanezen avait été le théâtre d’une flambée de violences, ponctuée par l’attaque au mortier d’un tramway. Des représailles ? Impossible à prouver.

Deux autres tags avaient ensuite été découverts dans le quartier de Pontanezen, dont l’un visant nommément un habitant du quartier, déjà connu des services de police : « G. nike Ponta ». Un mois après la divulgation des faits dans la presse, l’homme mentionné dans le tag du policier a décidé de porter plainte pour injures publiques, provocation à commettre un crime ou un délit et mise en danger de la vie d’autrui, a appris 20 Minutes.

« Ces messages n’ont aucun sens. Ils veulent juste laisser à penser que mon client est passé à l’ennemi. Dans le milieu, on pourrait le soupçonner d’être une balance. Il encourt un réel risque. C’est pour cela que nous attaquons sur la mise en danger, parce qu’elle est réelle », détaille Me Rabah Laraba, qui défend l’homme avec son confrère parisien Sobieslaw Bemmoussat.

Son client a quitté la Bretagne, assure son avocat

Souvent présenté comme l’un des « caïds » du quartier de Pontanezen, son client a aujourd’hui interdiction de paraître dans le Finistère dans le cadre de son contrôle judiciaire dans une autre affaire. Soupçonné d’être impliqué dans une fusillade, cet homme de 28 ans a été placé en détention provisoire à Rennes de septembre 2019 à octobre 2020. Depuis sa libération conditionnelle, G. a quitté la Bretagne pour le sud de la France. Il ne revient dans le Finistère que dans le cadre des convocations judiciaires, assure son avocat.

Dans ses accusations, Me Laraba va plus loin. Selon lui, son client, ses deux frères et le reste de leur famille sont les cibles privilégiées des policiers brestois. « Oui, il a un casier judiciaire, mais c’est loin d’être le plus fourni à Brest. Ces tags, j’ai l’impression que c’était pour s’en débarrasser », avance le conseil. Ce dernier a également déposé plainte pour faux et usage de faux, dans le cadre d’une contravention pour non-respect du confinement dressée alors que son client était en prison. En 2019, cinq membres de la BAC de Brest avaient été condamnés par la justice pour avoir falsifié un procès-verbal.

Depuis la circulation de la photo dans les rangs de la police, une enquête interne a été ouverte pour tenter de faire la lumière sur cette affaire. Une enquête à l’IGPN avait été envisagée. D’après les informations de 20 Minutes, le policier « lanceur d’alerte » n’aurait reçu aucun soutien de sa hiérarchie. Il aurait été désarmé et changé de service après la diffusion de la photo montrant son collègue taguer un mur. « Ce qui m’étonne le plus dans cette histoire, c’est que le policier en question ait été dénoncé par un autre policier. C’est rare ! Mais depuis, il ne s’est rien passé. On cherche à protéger l’institution », assure l’avocat brestois.





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