Home Sport Mondiaux d’athlétisme : «Il est allé chercher des choses incroyables au fond de lui», Thibaut Collet, le digne héritier

Mondiaux d’athlétisme : «Il est allé chercher des choses incroyables au fond de lui», Thibaut Collet, le digne héritier

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Thibaut Collet, qui entre en lice dans la nuit de vendredi à samedi, n’a jamais oublié les morceaux de tapis que Jacques, son grand-père, mettait dans son jardin pour lui apprendre à sauter. « Il avait coaché mon père, ça l’amusait de nous initier mon frère et moi, il nous aidait, nous jetait sur le tapis afin de nous faire découvrir les sensations. Au stade, il entraînait un groupe de perchistes, dont certains passaient plus de 5 m, je trouvais ça incroyable. » À l’époque, Thibaut Collet avait 3 ans. Le voilà, vingt ans plus tard, aux Championnats du monde.

Malgré l’héritage familial — Philippe, le papa, a notamment été médaillé aux Championnats d’Europe et terminé 5e aux JO de Séoul en 1988 ; Nadine, la maman, a fait des épreuves combinées —, l’athlétisme n’a jamais été une obsession. « La perche, c’est devenu sérieux en cadet », raconte celui qui a longtemps fait du football. « Avec Philippe, on s’est toujours dit que, pour nos fils, ça pouvait être compliqué de passer derrière papa, il fallait donc que ça vienne d’eux, explique Nadine Collet. Celui qui a le plus essayé de les convertir, c’est papy Jacques. Ils ont fini par mordre au truc. »

L’expérience de Philippe Collet, le papa…

Un jour, les fistons ont demandé à leur père de les entraîner. « C’était délicat pour Philippe, il a laissé une jolie trace dans l’athlétisme et ne voulait pas s’imposer à eux, alors qu’eux n’avaient envie que de ça : travailler avec leur père », poursuit Nadine. Faute d’installations à Grenoble, le pôle de Clermont-Ferrand est rapidement devenu une évidence. « Philippe d’Encausse est le meilleur pote de mon père. Ça n’aurait pas pu être quelqu’un d’autre que lui, d’autant que lui et moi, on partage aussi la passion des sports mécaniques, ce qui nous permet de nous échapper du saut à la perche », raconte Thibaut.

Philippe Collet, le papa, apporte aussi son expérience. « On a la chance de bénéficier de leurs conseils à tous les deux, nous, on vit la période Duplantis, eux ont vécu celle de Bubka », ajoute Thibaut. À Clermont, les frères partagent le même appartement. « Mathieu s’occupe des repas, car il est beaucoup plus doué que moi. Je fais un peu plus le ménage. » Philippe, le papa, passe souvent. « Il est à la fois papa et coach, alors parfois les sentiments se mélangent et on s’engueule, mais jamais très longtemps », rit Thibaut. « J’enlève un peu de testostérone dans leur histoire, je temporise sur le fait que la perche dure dix ou quinze ans, mais que, la famille, c’est pour la vie, explique la maman. J’ai toujours fait en sorte que Mathieu et Thibaut soient complices, que ce soit une force pour eux d’être ensemble sur le stade. »

Faute d’avoir réalisé les minima, Mathieu n’est pas à Eugene. « C’est compliqué pour lui, admet Thibaut. Les gens ne sont pas très sympas, certains disent que comme le petit a dépassé le grand, il est fini, alors que son heure viendra. » « Ça tord le bide, admet Nadine. En France, quand tu as plus de 25 ans (Mathieu en a 28), tu n’es plus considéré comme un espoir. Pour tout le monde, l’avenir c’est Thibaut. Moi, je suis au milieu de ça en tant que maman. Je tire Mathieu vers le haut, tout en ne voulant pas gâcher le plaisir de Thibaut. »

Les parents n’imaginaient pas être absents à Eugene

Nadine et Philippe seront présents dans les tribunes. « J’ai suivi toute la carrière de Philippe, je voyageais avec mon beau-père, on parlait perche, désormais on partage l’histoire des garçons, sourit Nadine. Mais le plus difficile, c’est sans doute de gérer le stress de Philou, au bord des sautoirs ! Depuis toujours, il fait les choses avec ses tripes. » Les parents n’imaginaient pas être absents des premiers grands championnats de leur cadet. « On vit des choses incroyables depuis qu’ils sont petits. On était obligés de se fâcher pour qu’ils dorment, parce qu’ils passaient des heures à rire. Ils ont toujours vécu dans la complicité et en se marrant. C’est une fratrie très puissante. »

Nadine a une pensée pour son beau-père. « Pour papy Jacques, qui a 82 ans et qui a formé tellement de bonshommes, ce qui se passe, c’est la fierté de sa vie. Quand, à Noël, on lui a dit qu’on allait l’emmener au meeting de Reno (États-Unis), il a pleuré à table. Ces moments, j’essaie de les préserver, de faire relativiser les garçons quand la performance n’est pas au rendez-vous. Cet hiver, j’ai perdu mon frère, ça a été une déchirure pour nous tous, et Thibaut est allé chercher des choses incroyables au fond de lui pour performer. Je ne le lui dis pas souvent, mais je suis hyperadmirative. »



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