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Nupes, Les Républicains, RN… Trois nuances d’opposition face au gouvernement Borne

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Les législatives ont rebattu les cartes distribuées à la présidentielle. Victorieux en mai, Emmanuel Macron se retrouve désormais en difficulté à l’Assemblée, où sa coalition présidentielle n’est pas parvenue à obtenir une majorité absolue. Et l’opposition, elle, a retrouvé du peps. Alors que le gouvernement aura besoin d’une quarantaine de voix pour faire passer ses textes, les partis hors de la majorité bombent le torse. Mais si les groupes de la Nupes (union de la gauche), du Rassemblement national et des Républicains se sont tous déclarés dans l’opposition, chacun affine désormais sa stratégie de manière différente. Et chaque ligne conductrice a ses avantages et ses inconvénients.

A la Nupes, l’opposition « radicale »

Adrien Quatennens et les Insoumis applaudissent la réaction de Mathilde Panot au discours d'Elisabath Borne.
Adrien Quatennens et les Insoumis applaudissent la réaction de Mathilde Panot au discours d’Elisabath Borne. – BERTRAND GUAY / AFP

Au sein de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale, on s’accorde au moins sur une chose : faire tomber Elisabeth Borne. Insoumis, socialistes, écologistes et communistes ont tous signé la motion de censure contre son gouvernement, qui sera débattu lundi à l’Assemblée. « La feuille de route de la Première ministre ne nous convient pas, tranche William Martinet, député LFI des Yvelines. On souhaite empêcher le coup de force d’une coalition présidentielle battue aux législatives, et faire tomber un gouvernement qui n’est là que par le fait du prince », ajoute-t-il. En oubliant au passage que les macronistes ont obtenu une majorité relative le 19 juin dernier.

En chahutant sans discontinuer Elisabeth Borne mercredi à l’Assemblée, les insoumis montrent qu’ils projettent de mener la vie dure au gouvernement. Avec des coups d’éclat, comme l’organisation le même jour de ce mariage entre un faux Emmanuel Macron et une fausse Marine Le Pen devant l’Hémicycle. « Nous sommes radicalement opposés au projet de Macron. Notre style colle à ça, ce n’est peut-être pas dans l’habitude des députés, mais oui, ça va remuer », prévient l’insoumis.

Le + : En s’engageant dans une opposition frontale, la Nupes ne pourra pas être accusée d’aider le gouvernement. Et dans le cas d’une éventuelle dissolution, elle peut ainsi espérer incarner l’alternance. Cette semaine, elle a d’ailleurs présenté ses propres propositions sur le pouvoir d’achat.

Le – : La France insoumise fait figure de locomotive de la Nupes, mais les premiers jours à l’Assemblée ont laissé poindre des différences avec les autres composantes de l’alliance à gauche, pas vraiment à l’aise avec le style fracassant de LFI. S’ils s’opposent systématiquement, la Nupes pourrait par d’ailleurs être accusée de blocage par ses adversaires.

Au Rassemblement national, l’opposition « résolue mais constructive »

Marine Le Pen.
Marine Le Pen. – FRANCOIS GREUEZ/SIPA

Marine Le Pen a annoncé que son parti serait dans une opposition « résolue mais constructive ». Le Rassemblement national a déjà indiqué qu’il ne voterait pas lundi la motion de censure déposée par la gauche. « Nous sommes dans une opposition déterminée, sans concession, mais nous avons été élus pour faire avancer le pays, amener des débats dans l’Hémicycle sur l’immigration, notamment. Pas pour faire les clowns comme l’extrême gauche », assure le député RN Sébastien Chenu. Lors du discours d’Elisabeth Borne, consigne avait été donnée : les 89 élus du RN avaient à peine le droit de lever un sourcil. « Nous sommes concentrés sur l’image que nous allons renvoyer à l’Assemblée, que les Français se rendent compte qu’ils peuvent nous confier un jour les clés du pays », ajoute le porte-parole du RN.

Le + : Marine Le Pen poursuit son objectif de notabilisation, en (sur) jouant la stratégie d’opposition… aux insoumis. « Nous serons sérieux et montrerons que Marine Le Pen est bien entourée. C’est une nouvelle étape de crédibilité pour notre mouvement », dit Chenu.

Le – : En poussant toujours plus loin cette stratégie de normalisation, les députés du RN pourraient perdre une partie de leurs électeurs, farouchement opposés à Emmanuel Macron. Les élus RN risquent aussi de vite apparaître comme une opposition godillot, sous la férule de Marine Le Pen.

Chez Les Républicains, une opposition sans « blocage stérile »

Olivier Marleix lors d'une séance de questions au gouvernement de la précédente mandature.
Olivier Marleix lors d’une séance de questions au gouvernement de la précédente mandature. – Jacques Witt/SIPA

Après plusieurs semaines de tergiversations, la droite a confirmé qu’elle serait bien dans l’opposition. Dans l’opposition, oui, mais « jamais (dans le) blocage stérile. Nous n’avons pas l’intention de tout paralyser alors que notre pays a déjà pris tant de retard », a assuré le chef de file des députés LR, Olivier Marleix, mercredi.

Ces derniers jours, la droite a tendu la main au gouvernement d’Elisabeth Borne. « Nous mettrons sur la table nos mesures, comme nous l’avons fait sur le pouvoir d’achat, ajoute Pierre-Henri Dumont, député LR du Pas-de-Calais. Celui qui a l’initiative des textes, c’est le gouvernement. L’Assemblée est gouvernable, et personne ne veut bloquer pour bloquer. Tous les textes peuvent passer, mais ce sera à eux de choisir, on verra s’ils sont vraiment dans le compromis ».

Le + : En devenant force d’appui de la majorité, la droite espère pousser ses pions, comme la défiscalisation des heures supplémentaires, vue d’un bon œil à Bercy. Les Républicains pourront alors vanter leur action de « parti de gouvernement », face à la « radicalité » de LFI et du RN.

Le – : La droite est sur une ligne de crête ambiguë. Comment aider le gouvernement à faire passer ses projets de loi sans perdre son identité et son statut d’opposant ? Les Républicains pourraient vite être assimilés à la Macronie après avoir tant conspué le chef de l’Etat ces derniers mois.





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