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Rétrogradation de Bordeaux : cinq minutes pour comprendre la situation catastrophique des Girondins

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Treize ans après la conquête de leur dernier titre de champion de France, les Girondins de Bordeaux vont peut-être quitter le football professionnel français. Ce mardi, la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG) a confirmé, en appel, sa décision initiale de reléguer administrativement le club en National 1 (3e division) en raison de sa situation financière. Une situation relativement rare, qui menace grandement la survie de ce club emblématique.

Comment Bordeaux en est-il arrivé là ?

Cette ultime décision de la DNCG est l’aboutissement de quatre années cauchemardesques à la tête des Girondins. En 2018, le club est vendu par M 6 aux fonds d’investissement américains GACP et King Street, qui devient le seul propriétaire fin 2019. La reprise du club est un fiasco administratif et sportif, ce qui conduit King Street à annoncer son retrait en 2021. En recherche urgente d’un repreneur, Bordeaux est finalement racheté en juin 2021 par l’homme d’affaires Gérard Lopez, candidat aux reins les plus solides à ce moment-là pour la DNCG.

Dans une situation financière déjà délicate, Bordeaux ne redresse pas la barre sous la présidence de Lopez et, pis, l’aggrave en réalisant l’une des pires saisons de son histoire. Bon dernier de Ligue 1, Bordeaux est relégué avec des finances dans le rouge. Mi-juin, la DNCG décide de les rétrograder en National 1 : en tant que « gendarme » financier du football professionnel, le rôle de la DNCG est de s’assurer qu’un club engagé dans une compétition puisse aller à son terme sans faire faillite, ce qu’elle a considéré comme n’étant pas garanti.

Lopez et les Girondins doivent encore combler un trou de 40 millions d’euros dans leurs caisses pour survivre en Ligue 2. Pendant trois semaines, l’homme d’affaires hispano-luxembourgeois remue ciel et terre pour tenter de présenter un dossier plus favorable à la DNCG, des garanties de solvabilité financières. Ces garanties auront donc été jugées insuffisantes.

Quels recours possible ?

Malgré la gravité de cette décision pour les Girondins, tout espoir n’est pas perdu : la DNCG va rarement au bout de ses décisions de rétrogradation administrative, qui ont plus vocation à mettre la pression sur les clubs pour améliorer leur dossier. Mardi soir, les Girondins ont annoncé de nouveau faire appel de cette décision et « faire un recours contre cette décision inique », selon les mots de son président. Les Girondins vont, comme le veut la procédure, saisir le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) pour une conciliation, c’est-à-dire « une procédure de résolution non contentieuse, encore appelée résolution amiable, des litiges ».

Le CNOSF, qui doit se réunir rapidement, va réexaminer le dossier et peut confirmer ou infirmer la décision de la DNCG d’appel, à titre consultatif. L’ultime étape pour les Girondins serait ainsi de porter son dossier jusqu’au tribunal administratif afin de faire invalider sa rétrogradation.

Quel avenir pour les Girondins ?

Si, après toutes ces étapes, les Girondins n’obtiennent pas gain de cause, il parait peu probable voire impossible que Bordeaux continue d’exister en l’état en National 1. Le plus probable étant le dépôt de bilan et la perte du statut professionnel, et donc un retour à la case National 3 pour les Girondins, dont la structure et de nombreux emplois seraient intimement menacés. « Derrière, c’est évidemment la liquidation judiciaire, la fin du football féminin sur l’agglomération, celle du centre de formation », listait le président de la métropole bordelaise, Alain Anziani, auprès de nos confrères de L’Équipe.

Toutefois, même ce scénario catastrophe ne signifierait pas la mort définitive du club. Dans un article paru dans la revue « Risques » en mars 2021, les chercheurs Luc Arrondel et Richard Duhautois rappelaient que, parmi les 45 faillites dans le football professionnel français depuis 1975, « aucun d’entre eux n’a disparu : les clubs relégués repartent dans les divisions amateurs, quelquefois très bas dans la hiérarchie régionale, voire au niveau départemental » et que « 11 sur 45 ont récupéré leur statut professionnel et certains ont retrouvé leur niveau au moment de leur relégation après un temps plus ou moins long ».

Les exemples les plus marquants étant ceux de Reims, qui a déposé le bilan en 1991, a été relégué en R1 et a retrouvé son niveau en 11 saisons ; Brest, rétrogradé en N1 également en 1991 et qui a remonté la pente après 19 saisons ; mais aussi Grenoble, rétrogradé de Ligue 2 en N3 en 2011 et qui y est revenu en 7 ans, ou encore Strasbourg, passé de la N1 à la N3 en 2011 et qui évolue aujourd’hui en Ligue 1. Le dernier exemple marquant en date étant celui du SC Bastia, rétrogradé de la L1 à la N3 en 2017, et qui a retrouvé la Ligue 2 la saison passée. « Un club de football ne meurt jamais », assurent les économistes. Si cela peut mettre un peu de baume aux cœurs bordelais.





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