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Salman Rushdie poignardé sur scène pendant une conférence aux Etats-Unis

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Il s’apprêtait à donner une conférence à Chautauqua, dans l’ouest de l’Etat de New York, quand un homme l’a attaqué avec un couteau. L’auteur britannique Salman Rushdie a été poignardé vendredi, a confirmé à l’AFP la police du comté de Chautauqua. Celle-ci a publié un communiqué dans lequel elle précise que l’écrivain a été poignardé au cou et transporté par hélicoptère vers un hôpital. L’intervieweur qui l’accompagnait sur scène a été blessé légèrement à la tête.  L’agresseur présumé a, lui, été arrêté.

Plusieurs centaines de personnes étaient réunies dans ce centre de conférence, où Rushdie était déjà intervenu par le passé. Elles ont été évacuées de la salle. « L’événement le plus terrible vient d’arriver à la Chautauqua Institution – Salman Rushdie a été attaqué sur scène. L’amphithéâtre est évacué », a écrit un témoin sur les réseaux sociaux. Des images vidéo diffusées sur les réseaux sociaux montrent des spectateurs d’une salle de spectacle se précipiter sur scène pour porter secours à quelqu’un qu’on aperçoit au sol.

Tête mise à prix

En publiant l’ouvrage controversé Les versets sataniques, Rushdie était devenu la cible d’une fatwa de l’ayatollah iranien Rouhollah Khomeiny en 1989. Une prime de 3 millions de dollars était alors offerte à quiconque tuait l’écrivain.

Pourtant l’auteur, né en 1947 à Bombay en Inde, deux mois avant son indépendance de l’Empire britannique, essaie de ne pas être réduit au scandale provoqué par la publication de cet ouvrage, qui avait embrasé le monde musulman et conduit en 1989 à une « fatwa » demandant son assassinat.

« Mon problème, c’est que les gens continuent de me percevoir sous l’unique prisme de la fatwa », avait dit il y a quelques années ce libre-penseur qui se veut écrivain, pas symbole. Contraint dès lors de vivre dans la clandestinité et sous protection policière, allant de cache en cache, il se fait appeler Joseph Anton, en hommage à ses auteurs favoris, Joseph Conrad et Anton Tchekhov. Il doit affronter une immense solitude, accrue encore par la rupture avec sa femme, la romancière américaine Marianne Wiggins, à qui « « Les versets… » sont dédiés.

Installé à New York depuis quelques années, Salman Rushdie – sourcils arqués, paupières lourdes, crâne dégarni, lunettes et barbe – avait repris une vie à peu près normale tout en continuant de défendre, dans ses livres, la satire et l’irrévérence.





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