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Sur le pourtour méditerranéen, le manque de bombardiers d’eau inquiète

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Au moment où des incendies touchent plusieurs zones de France, des élus, responsables des services de secours et de parcs régionaux du pourtour méditerranéen s’inquiètent de « l’insuffisance » des moyens aériens disponibles. « L’Etat doit nous entendre », ont-il alerté.

Le président Emmanuel Macron a promis mercredi l’achat d’avions supplémentaires pour lutter contre les incendies, lors d’un déplacement en Gironde, où deux méga feux ont détruit près de 21.000 hectares de forêts. « Les 22 avions dont est dotée la Protection civile étaient suffisants ces dernières années. (…) Est-ce qu’il faut en avoir davantage ? La réponse est oui », a-t-il jugé.

D’importants risques dans le Sud

Avec le réchauffement climatique, les incendies devraient en effet s’intensifier dans des régions où ils sont déjà récurrents, comme le Sud-Est, mais aussi toucher des régions plus au nord jusque-là « immunisées » contre ces désastres naturels, avaient mis en garde fin juin des scientifiques de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae).

« Le contexte national qui impose un déplacement des moyens aériens en dehors de la zone habituelle d’action met en péril la couverture des départements méditerranéens », a mis en garde cette semaine le président du Service d’incendie et de secours du Var (SDIS 83), Dominique Lain.

Ce département à la fois très boisé et très touristique avait été touché par le plus important incendie de l’été en France en 2021. Plus de 6.000 hectares avaient brûlé dans l’arrière-pays de la station balnéaire de Saint-Tropez. Et cette année, sécheresse et canicule font peser d’importants risques.

« Demain, il sera peut-être trop tard »

Or il n’est plus possible aujourd’hui de « pré-positionner comme chaque année sur le département des Canadair ou des hélicoptères lourds » quand « le risque devient maximum », a regretté Dominique Lain, en raison de la mobilisation de ces moyens ailleurs, en Gironde principalement. « La stratégie d’attaque rapide et massive (…) sur les feux naissants, qui a fait ses preuves depuis 30 ans, avec une réduction des surfaces brûlées, est fortement dégradée », a-t-il affirmé.

« Le nombre global de Canadair (avions bombardiers d’eau) est insuffisant pour le territoire », a également jugé cette semaine le président du parc des Alpilles et du réseau des parcs naturels de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Jean Mangion. « C’est aujourd’hui que les recrutements des pilotes doivent être faits, aujourd’hui que les commandes de Canadair doivent être passées. (…) Tout cela prend du temps et n’a pas été prévu. Demain, il sera peut-être trop tard », prévient-il, quelques jours après un feu qui a parcouru 1.600 hectares dans le massif provençal de la Montagnette.

Deux Canadair supplémentaires pour 2025

Sur le papier, la France dispose de 19 avions bombardiers d’eau basés à Nîmes-Garons (Gard) : 12 Canadair capables de transporter chacun 6.000 litres d’eau et sept avions Dash de 10.000 litres (un huitième est attendu en 2023), qui se ravitaillent au sol dans l’un des 22 « pélicandromes » prévus à cet effet en France. Trois avions de reconnaissance « Beechcraft » et des hélicoptères dont deux bombardiers d’eau lourds (4.000 litres d’eau) complètent le dispositif.

La France a par ailleurs acquis deux Canadair supplémentaires pour 2025 dans le cadre d’une commande européenne groupée. Le président de la région Paca, Renaud Muselier, a fait savoir jeudi que la région était prête à financer un troisième appareil. Mais il attend le feu vert de l’Etat, seul habilité à passer commande. « Ils ne veulent pas, je ne comprends pas pourquoi », regrette-t-il.

Des avions vieillissants

Renaud Muselier explique vouloir également financer un nouveau « pélicandrome » à Hyères (Var) et attendre aussi pour cela une autorisation de l’Etat. « On a voulu faire des économies d’échelle. (…) Aujourd’hui, la réalité, c’est que les Canadair sont de vieux avions dont seulement six sur 12 sont opérationnels, pour des questions d’entretien ou de pièces détachées », dit-il à propos du dispositif aérien français.

Résultat, certains des départements les plus exposés aux feux sont contraints de financer eux-mêmes chaque année la location de moyens aériens pour compléter le dispositif national, comme dans le Var où le SDIS 83 investit plus de 1,5 million d’euros par an pour quatre hélicoptères bombardiers d’eau. « L’Etat doit nous aider financièrement », implore Dominique Lain, qui a pris rendez-vous avec le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin pour dire son inquiétude. Il appelle à « une prise de conscience collective ».



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