Home La Une Vingt ans de réclusion criminelle requis contre « le violeur de la Sambre »

Vingt ans de réclusion criminelle requis contre « le violeur de la Sambre »

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Rarement autant de victimes se sont succédé à la barre. Ce jeudi, l’avant-dernier jour du procès de celui que la police a surnommé « le violeur de la Sambre » était consacré aux réquisitoires des deux avocats généraux et à la plaidoirie des deux avocates de la défense. Le juré d’assises doit se prononcer, vendredi, sur la peine à appliquer à Dino Scala, accusé de 56 viols et agressions sexuelles et tentatives, entre 1988 et 2018.

Chemise grise quadrillée, regard fixe toujours aussi noir, Dino Scala a écouté sans sourciller. A 61 ans, les yeux fatigués, sans doute par trois semaines d’audience à la cour d’Assises du Nord, à Douai, l’homme ne laisse toujours échapper aucun signe d’émotion. Sans surprise, les deux avocats généraux, Annelise Cau et Antoine Berthelot, ont tour à tour réclamé la peine maximale, à savoir 20 ans de réclusion criminelle, pour « la totalité des 56 faits ».

Loi inadaptée concernant les viols

« La loi n’est pas adaptée face à des cas d’une telle déviance sadique, car rien ne concerne la préméditation et les actes en série en matière de viol, a souligné Annelise Cau. Pour un seul de ces actes, Dino Scala encourait déjà 15 ans de prison. » Alors, le débat a porté sur un autre enjeu : combien, parmi les 56 plaignantes, vont finalement être reconnues victimes à l’issue de ce procès, l’accusé n’avouant que 40 faits ?

« Il cherche à sauver ce qui lui reste de façade sociale en niant un tiers des agressions », déplore l’avocate générale. Ce « violeur en série insaisissable », ce « faucheur d’âme », « n’a cessé de se contredire et de mentir », assure-t-elle. De son côté, Antoine Berthelot insiste sur « la géographie et le tempo » des faits qui traduisent une préparation méticuleuse et plaident en faveur d’une culpabilité sur chaque dossier.

« Il aime espionner, repérer. Son terrain de chasse, il le connaît comme sa poche, estime-t-il. Une vingtaine de communes, le long de la rivière Sambre. Un territoire de 90 km2 », a calculé l’avocat général qui affirme que « quiconque habitait dans ce secteur a pu être épié par M. Scala, pendant trente ans ».

Mystère psychopathologique

« Puisqu’il vous dit que ce n’est pas lui, rétorque Jeanne Peisel, une des deux avocates de Dino Scala. Il y a tellement de charges contre lui et sa condamnation est tellement certaine. Alors pourquoi ne veut-on pas se rendre à l’évidence qu’il est sincère ? » Durant tout le procès, l’accusé a continué à nier seize faits qui lui sont reprochés.

Son autre avocate, Me Margaux Mathieu, n’a pas hésité à semer le doute en évoquant des « suspects fantômes ». « Car elles existent, ces dizaines de personnes connues de la police qui ont des modes opératoires identiques à Dino Scala et qui ont sévi à la même époque et sur le même secteur », rappelle Me Mathieu qui a insisté sur l’absence de preuves. Comme sa consœur, elle a demandé qu’il soit « condamné pour les faits qu’il a commis et innocenté pour ceux qu’il n’a pas commis ». Sans que ça ne change la condamnation.

Saura-t-on, un jour, de combien d’actes criminels est donc coupable Dino Scala ? « Comment un homme apparemment si normal, un père dévoué, un collègue serviable et presque adulé, a-t-il pu commettre tant d’atrocités ? », questionne l’avocate générale. « Il n’a pas tout dit et reste un mystère psychopathologique », lance son collègue Antoine Berthelot.

Quatorze agressions sexuelles réexaminées

Car l’expert psychiatre, lui-même, a du mal à cerner la personnalité. « Seule sa forme atypique de trouble de sadisme sexuel aurait pu rendre compte des faits reprochés, mais elle n’est pas de nature à abolir ou altérer son discernement, écrit-il dans son rapport. La colère contre les femmes demeure sans doute une clé de compréhension. »

« Surtout sa mère qu’il décrit comme une méchante à l’expert-psychiatre, avance Me Margaux Mathieu. Pendant le procès, il ne s’est pourtant jamais réfugié derrière ce qu’il a vécu durant son enfance. » Lorsque l’avocate parle de cette mère, les yeux de Dino Scala se baissent, pour la première fois.

Le verdict est attendu vendredi. Mais pour le ministère public, pas question d’en rester là. Il est d’ores et déjà prévu de réexaminer, en septembre, quatorze agressions sexuelles ou viols qui « ont été laissés de côté » lors de l’instruction. Une procédure qui pourrait augurer d’un autre futur procès. « L’accusé reconnaît vingt agressions sexuelles avant ce qu’il appelle son premier viol en 1994, signale l’avocate générale. Il en manque encore. »



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